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L’erreur d’appréciation, qui conditionne la naïveté et l’arrogance du mouvement punk hardcore, consiste à avoir cru que le champ de bataille était celui de la morale. Or, dans le système capitaliste contemporain, telle production esthétique choquante n’est pas diffusée, non parce qu’elle n’est pas rabattable sur un ordre moral et politique immuable, mais parce que son caractère choquant ne sera pas, selon toute probabilité, populaire. Il faut donc considérer que, dans le capitalisme contemporain, tout ce qui revêt la forme d’une morale précapitaliste, avec le cortège d’hérétiques que cette dernière permet de penser dans les creux de ses préceptes, n’est en fait qu’un axiome qui peut être abandonné sans aucune mauvaise conscience dès lors que les fluctuations de l’ordre économique le rendent impropre à réguler les flux marchands. En l’absence de barrières morales infranchissables, pour le meilleur et pour le pire, le seul obstacle auquel est confronté l’artiste est celui du public. Lorsque cet obstacle fut franchi, les industries culturelles accueillirent les vilains petits canards à bras ouverts.
En réalité, l’avènement des blancs-becs banlieusards coléreux en tête des ventes de disques n’est ni plus ni moins que l’avènement de self made men, l’histoire d’un succès purement américain. Et cela ne prit qu’une petite décennie à they, cet ordre aliénant, abrutissant, obscurantiste, pour s’identifier à son reflet hirsute et débraillé, we. Les sales gosses de banlieue devinrent photogéniques et c’est probablement ce qu’ils souhaitaient depuis toujours : un aller simple pour le centre ville et la possibilité de pouvoir parler aux plus jolies filles du bahut.

Julien Perez, “Henry Rollins : Les ados du punk hardcore en aller simple pour le mainstream" dans le numéro 5 d’Entrisme.